jeudi 22 janvier 2015

Réflexions et pensées : Finesse et subtilité

Il y a une façon de vouloir rester dans la finesse et la subtilité destinée à se cacher à soi-même. Rien ne doit dépasser, et surtout pas ce qui pourrait nous faire déchoir du piédestal de marbre sur lequel nous nous sommes installés. Tout doit être mesuré. Pas réfléchi ! et surtout pas librement réfléchi ; non : mesuré, calculé, contraint, forcé d’entrer dans le gabarit de ce qui doit nous faire faussement paraître moralement raisonnable et spirituellement élevé, ce qui est une manière grossière, vulgaire et sournoise d’être fin et subtil.
Reprocher à quelqu’un d’avoir parfois une vision primaire ou abjecte lorsqu’il a simplement voulu être honnête en considérant l’animalité des êtres, la vérité crue des choses, sans paravent trompeur, n’est pas signe de finesse et de subtilité, car c’est choisir de se priver d’éléments essentiels et fondamentaux sans lesquels aucun raisonnement correct, précis, et le plus exact possible, ne peut être mené. Sans prétendre évidemment qu’il faille tout étaler sans une mesure intelligente celle-là, c’est ça, être fin et subtil, et rien d’autre ; c’est préférer être exigeant et donc tout faire pour se débarrasser des convenances hypocrites.
Se cacher les paramètres dérangeants de sa condition afin de se voir et d’être vu comme quelqu’un de subtil et de fin, ce n’est pas le moins du monde faire preuve de finesse et de subtilité. Au contraire, c’est se satisfaire d’un résultat de raisonnement erroné, biaisé par les faux-semblants moraux imposés par la vanité, et c’est donc, encore une fois, être grossier et vulgaire, et qui plus est, hypocrite : la pire des grossièretés et des vulgarités qui soient.
Le véritable homme d’esprit n’a pas de principes – et surtout pas moraux –, si ce n’est celui de chercher à voir la vérité, quelle qu’elle soit, ce qui est le plus élevé des principes, la plus respectable des règles morales si on tient à tout prix à parler de morale.
À partir de là, il faut tout de même reconnaître qu’il est difficile de totalement respecter ce type d’exigences. De toute façon, on est moins voire beaucoup moins souvent qu’on le croit à la hauteur de ses propres valeurs, et la majorité des gens ne le sont jamais. Nos belles conceptions mentales sont trop souvent contredites par notre humanité, ce que précisément n’acceptent pas de reconnaître celles et ceux passant leur vie à se cacher derrière une finesse épaisse, et une subtilité artificielle et bornée.